À propos

Ce que j'aurais voulu avoir le jour de mon diagnostic

Mathilde - Médecin

Il y a une scène que presque tout le monde connaît.

Le médecin vient d'annoncer quelque chose. Un mot compliqué, un acronyme, un nom qu'on n'a jamais entendu. Il explique, parfois il dessine un schéma sur un coin de papier, et puis la consultation se termine. Parce que le temps est compté. Parce qu'il y a d'autres patients qui attendent.

On rentre chez soi. Et on ouvre Google.

Les recherches Google et ChatGPT

Ce qui ressort de ces recherches, c'est rarement rassurant.

Des forums où les gens racontent leurs pires expériences. Des articles Wikipedia à moitié compréhensibles. Des études en anglais remplies de jargon. Et quelque part dans tout ça, on cherche à comprendre ce qu'on a vraiment. Ce que ça veut dire, pour soi, maintenant, dans sa vie concrète.

Depuis quelques années, il y a ChatGPT. Et là, on pourrait penser que le problème est réglé.

Sauf que non. Pas vraiment.

ChatGPT répond vite, formule bien, rassure sur le ton. Mais il ne sait pas qui vous êtes. Il ne connaît pas votre bilan, votre âge, ce que votre médecin a vraiment dit. Il génère une réponse plausible, pas une réponse juste. Et le patient n'a aucun moyen de faire la différence. Il repart avec quelque chose qui ressemble à une explication, mais qui n'a été vérifiée par personne.

En tant que médecin, je voyais ça tout le temps. Des patients qui revenaient à la consultation suivante avec des idées fausses. Qui avaient passé des nuits à s'inquiéter pour rien. Ou au contraire, qui avaient minimisé quelque chose d'important parce qu'ils avaient mal lu, ou mal compris, ou fait confiance à un algorithme qui n'avait aucun compte à rendre.

Ce n'est pas leur faute. C'est structurel.

Quinze minutes. C'est la durée moyenne d'une consultation en France. On ne peut pas tout expliquer en quinze minutes. Et après, il n'y a rien. Pas de document personnalisé. Pas de réponse aux questions qu'on a oublié de poser, ou qu'on n'a pas osé.

Alors, c'est quoi Explique mon diagnostic ?

Quand vous recevez un diagnostic, vous pouvez commander une fiche rédigée par un médecin, qui explique votre situation à vous. Pas une brochure générique sur la maladie en général. Une réponse à vos questions précises, avec des schémas, avec des sources, formulée pour être comprise et non pour être exhaustive.

Vous le recevez par email en 72h, ou en 24h si vous avez un rendez-vous qui approche et que vous voulez arriver avec les bonnes questions.

Est-ce que ça remplace une consultation ?

Non. Et ce n'est pas l'objectif.

L'objectif, c'est de prolonger ce que votre médecin a dit, de combler le silence qui suit la consultation, de vous donner les mots qu'il n'a pas pu trouver dans les quinze minutes imparties.

Le premier patient qui a reçu une fiche, c'était pour un hyperaldostéronisme primaire. Un truc pas simple. Il nous a dit qu'il avait enfin pu expliquer sa maladie à sa femme. Qu'il avait accepté un cathétérisme des veines surrénaliennes sereinement, parce qu'il comprenait pourquoi on le faisait.

C'est ça, l'objectif.

Comprendre, c'est déjà soigner

Un patient qui comprend sa maladie, c'est un patient qui va mieux. Pas parce que c'est une belle phrase, parce que c'est ce que montrent les études, et ce qu'on observe au quotidien. Il prend mieux son traitement. Il pose les bonnes questions à son spécialiste. Il s'inquiète moins pour les mauvaises choses.

Comprendre, c'est déjà une forme de soin.